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Enderlin / Karsenty — où sont les témoins?

Friday, June 27th, 2008

Voici le huitième et dernier billet d’une série (1-2-3-4-5-6-7) consacrée à expliciter l’arrêt, prononcé le mois passé par la 11e Chambre de la Cour d’appel de Paris, qui déboutait Charles Enderlin et France 2 de leurs demandes à l’endroit de Philippe Karsenty. Philippe Karsenty était attaqué en diffamation par les premiers pour avoir critiqué (voir les termes précis ici) le reportage de France 2 selon lequel l’armée israélienne aurait pris pour cible et tué un enfant palestinien au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, en septembre 2000.

Cet arrêt permet notamment d’établir (voir les premiers billets)…

  1. que le journaliste qui a signé le reportage, Charles Enderlin, n’était pas sur les lieux;
  2. que le reportage ne repose que sur le matériel et le témoignage d’un caméraman palestinien travaillant de manière autonome et seul, parmi plusieurs caméramans professionnels sur les lieux, à avoir filmé la fusillade en question;
  3. que les Palestiniens présents consacraient beaucoup de temps et d’efforts à mimer des scènes de guerre, que les caméramans filmaient d’ailleurs volontiers;
  4. qu’il n’existe pas, contrairement aux affirmations publiques répétées de Charles Enderlin, d’images de l’agonie de l’enfant;
  5. que les balles censées avoir tué l’enfant et blessé son père ont été recueillies par le caméraman de France 2, mais ne sont jamais réapparues;
  6. qu’il n’y a aucune trace de sang sur le site qui puisse correspondre de près ou de loin à la description des blessures de l’enfant;
  7. que les blessures du père de l’enfant pourraient fort bien provenir de coups de hache qu’il avait subis six ans auparavant et qui avaient été soignés dans un hôpital israélien.

Ce billet examine les témoignages en faveur de la thèse de l’infanticide. Il faut préciser que le lien entre ceux-ci et l’arrêt de la Cour d’appel n’est pas établi: l’arrêt ne les mentionne pas expressément et rien n’indique que la Cour les a examinés en détail. Tout ce que nous savons est que la Cour n’a pas pu «[tenir] pour parfaitement crédibles» les éléments de contre-preuve censés démontrer que la version des faits du caméraman de France 2 était authentique.

Voici donc les témoignages connus et les raisons les plus évidentes pour lesquelles ils peuvent «[ne pas être tenus] pour parfaitement crédibles»:

Talal Abu Ramah, le caméraman
Il est en fait LA source du récit et son témoignage a été explicité dans les billets précédents. Pourquoi ne pas lui faire confiance? La majorité des images filmées ce jour-là par Ramah consistait en mises en scène manifestes; bien qu’Enderlin l’ait affirmé publiquement, il n’a pas livré d’images d’agonie; il n’a pas d’images de sang non plus, ni d’impacts de balles (onze selon les médecins palestiniens); bien qu’il ait affirmé que la fusillade a duré quelque 40 minutes, dont 15 à 20 de tirs exclusivement dirigés sur l’enfant et son père, il n’a présenté qu’une minute de tournage de ces scènes; il n’a pas filmé l’enfant mort et le père blessé attendant l’ambulance, bien qu’il prétende que cette attente ait duré une vingtaine de minutes; il n’a pas filmé le départ en ambulance non plus; il prétend avoir récupéré les balles dans le mur mais celles-ci ne sont pas réapparues; aucun des autres caméramans professionnels présents ce jour-là sur les lieux n’a filmé ni la fusillade en question, ni l’enfant et son père, ni le sang, ni le départ en ambulance, ni l’arrivée supposée à l’hôpital de Gaza.

Les gens présents sur les lieux
Le sort de l’enfant et de son père doit avoir été vu par des dizaines de personnes, comme l’indiquent les films tournés ce jour-là. Il y avait sur place beaucoup de jeunes gens, des équipes de tireurs, diverses ambulances et plusieurs caméramans de presse. Mais ces gens, visiblement, créaient des mises en scène et y assistaient. Ils n’auraient sans doute pas mis en scène l’exécution de l’enfant et de son père telle que la raconte Ramah, mais pour ce que les images montrent effectivement, leur «talent» suffisait largement:

Le chauffeur d’ambulance
Il déclare en substance avoir trouvé l’enfant, couché sur le ventre, avec une blessure à l’abdomen par laquelle s’échappaient ses intestins:

Mais si l’enfant avait saigné plusieurs minutes avec une telle blessure, combien de sang aurait-on trouvé sur place? Voir Enderlin / Karsenty — où est le sang?

Le personnel médical de l’hôpital de Shifa, à Gaza 
Ses membres ont soigné le père et ont remis des photographies d’un enfant mort portant une longue blessure au ventre:

Pourquoi un hôpital palestinien? Les ambulanciers pouvaient emmener Jamal en Israël et lui procurer ainsi des soins de meilleure qualité, gratuits, comme cela avait d’ailleurs été fait quelques années auparavant. Pourquoi n’a-t-on pas d’images de l’arrivée à l’hôpital de l’enfant et son père, après un tel événement?

Le personnel de l’hôpital militaire d’Amman
L’ambassadeur jordanien en Israël a ensuite emmené le père à Amman pour s’y faire soigner. Il est ensuite réapparu pour montrer des blessures entièrement cicatrisées (voir Enderlin / Karsenty — où sont les blessures?). Pourquoi n’a-t-on pas d’images des blessures, de la convalescence?

Le général (de police) palestinien
A dirigé l’enquête sur la mort de l’enfant du côté palestinien:

Mais n’a effectué aucune investigation sur les lieux et n’a notamment pas cherché à récupérer les balles.

La famille Al Dura et les proches
Ont confirmé que le père avait été blessé ce jour-là. Mais ils y avaient un intérêt certain — ils étaient les héros des Territoires palestiniens et même du monde musulman, et l’enfant était un shahid, la source du plus grand honneur possible. La pression devait être insoutenable. Tout le monde, enfin tous les gens importants, dans leur milieu, voulait que l’histoire soit vraie: la mort de Mohamed Al Dura a dès lors soutenu une impressionnante campagne de recherche ciblée de martyrs parmi les jeunes et même les enfants, avec l’appui des médias, des écoles, des structures culturelles et des élus politiques palestiniens:

La population et les élus palestiniens en général
On n’a pas constaté de dénégation de la thèse «officielle» ou d’accusations de supercherie au sein de la société civile et de la classe politique palestinienne, au contraire. Mais cela n’est pas en soi convaincant. En effet, en janvier dernier, le Parlement palestinien entier ainsi que des foules importantes ont participé à des mises en scène manifestes dans le but évident de manipuler l’opinion occidentale, avec un succès certain:


Le 24 janvier, TIME présentait l’image ci-dessus en disant à ses lecteurs que le parlement palestinien était forcé de se réunir à la lueur de bougies à cause d’Israël, qui aurait laissé la bande de Gaza sans électricité. Mais en fait, d’une part la bande de Gaza avait largement assez d’électricité (fournie essentiellement par Israël) pour éclairer ses parlementaires et d’autre part la photo en question a été mise en scène tout exprès pour la presse, en plein jour. Le TIME mentait donc ici à deux reprises à ses lecteurs.


Des foules ont été réunies dans la rue, de nuit, pour faire semblant d’avoir à utiliser des bougies en guise d’éclairage, alor que l’éclairage public et les vitrines des magasins fonctionnaient normalement (cliquer sur l’image pour voir d’autres exemples ou ici pour davantage d’explications).

En outre, beaucoup de Palestiniens ne craignent pas les récits macabres:

 

De sorte que pour juger des faits dans un tel contexte, il faut absolument se baser sur des éléments de preuve concrets. Et ceux-ci, comme cela ressort aisément d’une lecture attentive de l’arrêt de la Cour d’appel de Paris, indiquent clairement que l’icône de l’intifada est très vraisemblablement une supercherie et que celle-ci n’aurait pas pu s’imposer sans de graves négligences des représentants des médias. Des représentants qui n’ont pas encore vraiment lu cet arrêt, semble-t-il.

Billets précédents:
1 Enderlin / Karsenty — le droit de critiquer la presse, à quelles conditions 
2 Enderlin / Karsenty — une déontologie en question
3 Enderlin / Karsenty — le mystère de l’agonie disparue
4 Enderlin / Karsenty — l’actualité mise en scène?
5 Enderlin / Karsenty — où sont les balles?
6 Enderlin / Karsenty — où est le sang?
7 Enderlin / Karsenty — où sont les blessures?

Enderlin / Karsenty — où sont les blessures?

Friday, June 27th, 2008

Voici le septième billet d’une série (1-2-3-4-5-6-8) consacrée à expliciter l’arrêt, prononcé le mois passé par la 11e Chambre de la Cour d’appel de Paris, qui déboutait Charles Enderlin et France 2 de leurs demandes à l’endroit de Philippe Karsenty. Philippe Karsenty était attaqué en diffamation par les premiers pour avoir critiqué (voir les termes précis ici) le reportage de France 2 selon lequel l’armée israélienne aurait pris pour cible et tué un enfant palestinien au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, en septembre 2000.

Cet arrêt permet notamment d’établir (voir les premiers billets)…

  1. que le journaliste qui a signé le reportage, Charles Enderlin, n’était pas sur les lieux;
  2. que le reportage ne repose que sur le matériel et le témoignage d’un caméraman palestinien travaillant de manière autonome et seul, parmi plusieurs caméramans professionnels sur les lieux, à avoir filmé la fusillade en question;
  3. que les Palestiniens présents consacraient beaucoup de temps et d’efforts à mimer des scènes de guerre, que les caméramans filmaient d’ailleurs volontiers;
  4. qu’il n’existe pas, contrairement aux affirmations publiques répétées de Charles Enderlin, d’images de l’agonie de l’enfant;
  5. que les balles censées avoir tué l’enfant et blessé son père ont été recueillies par le caméraman de France 2, mais ne sont jamais réapparues;
  6. qu’il n’y a aucune trace de sang sur le site qui puisse correspondre de près ou de loin à la description des blessures de l’enfant.

Ce billet se penche sur la question des blessures du père. Il n’a été filmé à l’hôpital qu’avec des pansements les jours suivants l’événement et il n’a montré ses blessures que beaucoup plus tard, sous forme de cicatrices. Voici les principales:

Il est certain que l’homme a subi des blessures sérieuses. Mais était-ce ce jour-là et était-ce par balles? Aucune commission d’enquête médicale indépendante ne l’a (encore) examiné pour tenter de trancher ces questions, mais un chirurgien israélien, le Dr Yehuda David, du Centre médical Chaim Sheba (Hôpital Tel HaShomer), se souvient d’avoir pratiqué une intervention complexe pour sauver son bras droit de la paralysie, en 1994, après que Jamal Al Dura ait été transporté dans son hôpital avec des blessures provenant vraisemblement de coups de hache:

YouTube Preview Image

Principal témoignage du médecin (à partir de 0:50), portant sur le bras de Jamal Al Dura:
- Ceci est une cicatrice typique d’un transfert de tendons. Il n’y a pas matière à tergiverser ici, aucun malentendu n’est possible. Cette cicatrice ne peut pas provenir d’un projectile d’arme à feu – si longue, si mince, si nette.

La Cour d’appel n’a pas été convaincue. Le prochain billet traitera des témoins.

Billets précédents:
1 Enderlin / Karsenty — le droit de critiquer la presse, à quelles conditions 
2 Enderlin / Karsenty — une déontologie en question
3 Enderlin / Karsenty — le mystère de l’agonie disparue
4 Enderlin / Karsenty — l’actualité mise en scène?
5 Enderlin / Karsenty — où sont les balles?
6 Enderlin / Karsenty — où est le sang?
8 Enderlin / Karsenty — où sont les témoins?

Enderlin / Karsenty — où sont les balles?

Friday, June 27th, 2008

Voici le cinquième volet d’une série (1-2-3-4-6-7-8) consacrée à expliciter l’arrêt (et non le jugement, comme je l’appelais à tort jusqu’à présent, toutes mes excuses), prononcé le mois passé par la 11e Chambre de la Cour d’appel de Paris, qui déboutait Charles Enderlin et France 2 de leurs demandes à l’endroit de Philippe Karsenty. Philippe Karsenty était attaqué en diffamation par les premiers pour avoir critiqué le reportage de France 2 selon lequel l’armée israélienne aurait tué un enfant palestinien au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, en septembre 2000.

Ce cinquième billet et les suivants se concentrent sur les éléments permettant, ou pas, de prouver que l’infanticide décrit par France 2 a bien eu lieu. En effet, comme nous l’avons vu dans les quatre premiers billets, l’arrêt de la Cour d’appel permet d’établir:

  1. que le journaliste qui a signé le reportage, Charles Enderlin, n’était pas sur les lieux;
  2. que le reportage ne repose que sur le matériel et le témoignage d’un caméraman palestinien travaillant de manière autonome et seul, parmi plusieurs caméramans professionnels sur les lieux, à avoir filmé la fusillade en question;
  3. que les Palestiniens présents consacraient beaucoup de temps et d’efforts à mimer des scènes de guerre, que les caméramans filmaient d’ailleurs volontiers;
  4. qu’il n’existe pas, contrairement aux affirmations publiques répétées de Charles Enderlin, d’images de l’agonie de l’enfant.

Il reste donc à examiner la partie du récit pouvant être démontrée d’une autre manière. Au sujet de l’ensemble de ces éléments de preuve, la Cour d’appel de Paris dit ceci (page 11 de l’arrêt):

Considérant que, si aucun des arguments du prévenu – ni les conclusions de l’enquête menée à l’initiative personnelle du Général SAMYA (contre-offre de preuve n° 12), ni «l’imprudente affirmation» de Charles ENDERLIN déjà relevée n’a paru aux premiers juges, à lui seul suffisamment déterminant en regard du reportage contesté, il apparaît que l’examen, en cause d’appel, des 18 minutes de rushes de Talai ABU RAMAH communiquées par FRANCE 2 ne permet pas d’écarter les avis des professionnels entendus au cours de la procédure ou ayant versé leurs contributions aux débats, les attestations produites par les soins du cameraman (offre de contre-preuve, n° 5 à 10) ne pouvant pas, en revanche, au vu de leur présentation comme de leur contenu, être tenues pour parfaitement crédibles;

D’où nous pouvons déduire que la version du caméraman (reprise par Charles Enderlin, puis par France 2) n’a pas pu être rendue crédible devant un tribunal. Comment est-ce possible? Un enfant est pris pour cible, longuement, et abattu, à l’arme de guerre, devant des dizaines de personnes, dont un caméraman de télévision qui filme la scène et il n’est pas possible de le prouver valablement à un tribunal?

Où sont les balles qui ont tué l’enfant et blessé son père?
Où est le sang qui a dû gicler lors des impacts, puis suinter des blessures?
Où sont les cicatrices du père?
Où sont les témoins?

Voici aujourd’hui pour les balles: elles ont été recueillies par le caméraman et ne sont jamais réapparues:

 

– Nous avons des preuves. Le type des balles. J’ai filmé cela. Le type de balles. Nous avons récupéré les balles dans le mur. France 2 a récupéré les balles… (sourire).
– Je vois que vous avez fait une enquête plus approfondie que la police…
– Non, non, non… Nous… avons des secrets dans notre… vous savez… pour… notre sécurité. Nous ne pouvons pas… tout donner.

La Cour d’appel n’a pas été convaincue. Le prochain billet traitera des blessures mortelles de l’enfant.

Billets précédents:
1 Enderlin / Karsenty — le droit de critiquer la presse, à quelles conditions 
2 Enderlin / Karsenty — une déontologie en question
3 Enderlin / Karsenty — le mystère de l’agonie disparue
4 Enderlin / Karsenty — l’actualité mise en scène?
6 Enderlin / Karsenty — où est le sang?
7 Enderlin / Karsenty — où sont les blessures?
8 Enderlin / Karsenty — où sont les témoins?

Enderlin / Karsenty — où est le sang?

Friday, June 27th, 2008

Voici le sixième billet d’une série (1-2-3-4-5-7-8) consacrée à expliciter l’arrêt, prononcé le mois passé par la 11e Chambre de la Cour d’appel de Paris, qui déboutait Charles Enderlin et France 2 de leurs demandes à l’endroit de Philippe Karsenty. Philippe Karsenty était attaqué en diffamation par les premiers pour avoir critiqué (voir les termes précis ici) le reportage de France 2 selon lequel l’armée israélienne aurait pris pour cible et tué un enfant palestinien au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, en septembre 2000.

Cet arrêt permet notamment d’établir (voir les premiers billets)…

  1. que le journaliste qui a signé le reportage, Charles Enderlin, n’était pas sur les lieux;
  2. que le reportage ne repose que sur le matériel et le témoignage d’un caméraman palestinien travaillant de manière autonome et seul, parmi plusieurs caméramans professionnels sur les lieux, à avoir filmé la fusillade en question;
  3. que les Palestiniens présents consacraient beaucoup de temps et d’efforts à mimer des scènes de guerre, que les caméramans filmaient d’ailleurs volontiers;
  4. qu’il n’existe pas, contrairement aux affirmations publiques répétées de Charles Enderlin, d’images de l’agonie de l’enfant;
  5. que les balles censées avoir tué l’enfant et blessé son père ont été recueillies par le caméraman de France 2, mais ne sont jamais réapparues.

Ce billet examine les traces de la fusillade sur les lieux et cherche à établir si elles corroborent le récit. Selon l’auteur du reportage,

– L’enfant a saigné pendant plus de 15 à 20 minutes.
– L’ambulance ne peut pas venir, ou arriver pour le sauver, peut-être 20 minutes après que l’enfant ne soit tombé sur les genoux de son père.

Voici la blessure qui a été présentée par les médecins palestiniens comme étant celle de l’enfant:

Et voici tout le sang (encore vermillon sur la première image) qui a pu être photographié sur place, le lendemain des faits (le jour-même, aucune goutte de sang n’a été photographiée ou filmée):

La Cour d’appel n’a pas été convaincue. Le prochain billet traitera des blessures du père.

Billets précédents:
1 Enderlin / Karsenty — le droit de critiquer la presse, à quelles conditions 
2 Enderlin / Karsenty — une déontologie en question
3 Enderlin / Karsenty — le mystère de l’agonie disparue
4 Enderlin / Karsenty — l’actualité mise en scène?
5 Enderlin / Karsenty — où sont les balles?
7 Enderlin / Karsenty — où sont les blessures?
8 Enderlin / Karsenty — où sont les témoins?

Plus de subventions pour un monopole biaisé

Wednesday, November 28th, 2007

Demande l’UDC:

En abordant des thèmes politiques et, plus particulièrement, en parlant de l’UDC la SSR se montre, depuis quelques années, de moins en moins nuancée. La qualité, l’équilibre et le professionnalisme disparaissent alors que les coûts, les redevances et le nombre de chaînes augmentent. La rédaction gauchiste de la télévision alémanique SF DRS a ouvert la voie à ce journalisme politique unilatéral. Le problème de la TV est évident: il manque une concurrence privée suisse. Pris d’une folie des grandeurs financée par l’Etat, le moloch SSR empêche l’émergence et la survie de diffuseurs TV privés.

Le mauvais journalisme se répand-il?

Friday, August 17th, 2007

Plus une institution prend de l’ampleur, plus elle attire (aussi) les faussaires en tous genres. D’aucuns cherchent simplement à améliorer leur situation personnelle, mais beaucoup d’autres ont des intentions clairement politisées. Et parmi eux, certains ont beaucoup de succès. À faire la liste des incidents connus, il apparaît en outre que les occurrences se multiplient ces dernières années, sans que l’on puisse encore dire s’il s’agit d’une augmentation réelle ou seulement perçue comme telle en raison d’une plus grande vigilance du public. Pour y réfléchir, voici une liste provisoire (ordre alphabétique) de ce qu’on pourrait appeler les délits de mauvais journalisme, concoctée par Randal Hoven (e-mail) pour American Thinker et qu’on fait bien de consulter en présence de nouvelles, disons, «trop pratiques pour être vraies»:

(more…)

Le président de la Commission européenne se félicite publiquement de ce que l’Europe soit un «empire»

Thursday, July 12th, 2007

Pour lui, le fait que cet empire soit édifié sans violence le justifie pleinement sous cette forme. Peu après, son porte-parole a prié les journalistes de ne pas insister là-dessus. C’était avant-hier et il semble que les journalistes ou les comités de rédaction aient été dociles. Il faut observer cette vidéo pour bien se rendre à quel point l’homme croit en cette vision de «bon empire».

Les médias contre Wolfowitz

Tuesday, May 15th, 2007

Aujourd’hui, les principaux médias relaient les accusations portées contre le président actuel de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz. Il aurait, selon une commission d’enquête, indûment fourni un poste plus élevé et mieux payé à sa compagne, qui travaillait déjà à la Banque mondiale lors de son élection à sa présidence, il y a deux ans.

Les moins malhonnêtes (pour aujourd’hui, mais c’est exceptionnel) s’en tiendront là. Les pires, avec parmi eux la RSR et la TSR, présenteront une succession de présentations faussées des événements, dont ils savent que l’antiaméricanisme ambiant les rendra faciles à accepter. Et ils renonceront à préciser que la solution proposée par Wolfowitz, et réitérée à plusieurs reprises, consistait à le récuser personnellement de toute responsabilité sur son amie. S’il a finalement accepté la promotion forcée qu’on lui reproche aujourd’hui, c’était sur l’insistance des mêmes milieux qui se réjouissent à présent de le voir chassé de ce poste important.

Mais dire cela n’est pas politiquement correct. Pour un organe de presse, c’est même problématique. Tant de collègues et tant de politiciens influents sont persuadés qu’il est judicieux de défavoriser les États-Unis. Leur déplaire, c’est se mettre dans le camp de ceux qu’on dénigre. En revanche, s’attaquer à Wolfowitz ne vaut d’ennuis sérieux à personne. Alors, on omet simplement de présenter un point de vue, et peu importe si c’est celui du principal intéressé.

UPDATE: Le New York Times indique, sans trop le faire exprès, les raisons les plus plausibles pour lesquelles Wolfowitz a été contraint à la démission:

Administration officials, who requested anonymity because they didn’t want to criticize Mr. Wolfowitz on the record, said that one of the reasons he ran into trouble at the bank was that he was not a consensus builder.

Mr. Wolfowitz sought to institute new policies to fight corruption in the countries aided by the bank, for example. But bank officials complained that he failed to lay the groundwork by consulting country managers at the bank and the board of directors before suspending aid to some countries. This year, the board adopted a policy forcing him to consult them before cutting off financing to countries accused of tolerating graft.

Il a manqué de tact en omettant de consulter les gens qui toléraient la corruption et l’inefficacité des mesures mises en oeuvre avant lui.

Campagne de catastrophisme politisée

Monday, May 14th, 2007

Le site de la TSR propose un article sur la campagne d’une ONG, Christian Aid, à la veille d’une grande collecte de fonds. On peut y lire par exemple:

Au moins un milliard de personnes vont migrer d’ici à 2050, en conséquence du réchauffement climatique qui va exacerber les conflits et les catastrophes naturelles actuels, et en créer de nouveaux.

Un monde avec beaucoup d’autres Darfour

Manque d’eau et famine

Citant des données non encore publiées du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le rapport souligne que d’ici 2080, entre 1,1 et 3,2 milliards de personnes manqueront d’eau et entre 200 et 600 millions souffriront de la faim

L’impact du changement climatique est la grande, l’effrayante inconnue de cette équation.

La TSR ajoute plusieurs liens de ses archives portant les titres suivants:

Les experts du climat se mettent d’accord sur les outils pour lutter contre le réchauffement climatique

Rapport du Giec: le réchauffement climatique pourrait entraîner la disparition d’espèces

Climat: rapport alarmant des experts réunis à Paris 

RSR – Urgence d’agir contre le réchauffement

RSR – Le « coût » de l’effet de serre

GIEC : la peur des pays en développements

Climat: les experts demandent d’agir vite  

Réchauffement climatique: dramatique 

Le manque d’eau va augmenter les inégalités

Or, l’ONG en question est l’une des plus critiquées (plusieurs dizaines d’articles) par l’observatoire NGO-Monitor pour ses partis-pris politiques. Et, si l’existence du réchauffement climatique n’est nié par personne, ses origines et son impact restent des questions en suspens et les moyens de se prémunir du phénomène, ou d’en profiter, ne font de loin pas l’unanimité: plus de 17.000 scientifiques contestent (sans financement externe, en fait presque sans financement du tout) l’interprétation proposée ici par Christian Aid et relayée par la TSR, et pour des raisons solides:

http://video.google.com/videoplay?docid=-4123082535546754758

De cela, la TSR ne dit mot.

UPDATE: Une commission du Sénat américain observe qu’un nombre croissant de scientifiques changent d’avis quant à la responsabilité de l’homme dans l’évolution climatique. Son dossier présente une douzaine de tels cas référencés.

«L’Islam est incompatible avec un État de Droit»

Wednesday, May 9th, 2007

Cette phrase a été prononcée hier soir à la télévision suisse romande, sur le plateau d’Infrarouge, et personne ne s’y est évanoui. Cela mérite une mention.

Le fait est que la loi islamique établit la ségrégation des femmes (valeur du témoignage, succession), la ségrégation religieuse (humiliation des Juifs et des Chrétiens), les châtiments corporels. Sans compter le djihad, et de nombreux aspects plus spécifiques. Tout cela est en effet irrémédiablement incompatible avec la démocratie, comme l’ont confirmé la Cour constitutionnelle turque et, par deux fois, la Cour européenne des droits de l’homme de Strasbourg (voir un résumé sur precaution.ch).

J’ajoute que ces lois sont non pas l’expression d’une vision extrémiste de l’Islam, mais la quintessence du travail d’innombrables savants authentiques de l’Islam (dont des philosophes modérés), qui tous connaissaient le Coran par coeur et qui consultaient aussi toutes les autres écritures sacrées, toutes les exégèses les plus couramment utilisées. Ces lois, parfaitement consensuelles dans leurs principes centraux, dans toutes les écoles de jurisprudence, sont la matérialisation la plus crédible possible du message islamique: elles sont ce qui fleurit dans l’âme de qui connaît l’Islam.

Et si elles ne sont plus guère appliquées aujourd’hui, ce n’est pas grâce à une quelconque réforme, c’est l’effet de la faillite de la civilisation islamique, puis de sa domination par les puissances coloniales, qui y ont supprimé la charia, laquelle revient aujourd’hui en force, dans l’Islam et en Occident.

Et c’est cela le débat. Or, hier soir, un excellent spécialiste musulman de l’Islam (Tariq Ramadan, ici à droite) était hélas mis en vedette sans aucun contradicteur digne de ce nom sur ce plan. Le représentant des évèques (Erwin Tanner, ici à gauche) était même dans son camp et n’avait strictement rien à nous dire sur le sujet. Que certaines Églises soient en faillite intellectuelle dans notre pays ne devrait pas inciter les journalistes à tolérer de tels déséquilibres. Ramadan consacre sa vie entière à promouvoir l’Islam, c’est le prosélyte islamique numéro 1 de notre pays. Le placer face à des politiciens et des citoyens lui donne un avantage injustifié, dont il use et abuse depuis trop longtemps.