Antisémitisme moderne de salon
Tuesday, June 5th, 2007Ce commentaire d’Alain Arnaud, diffusé ce matin sur les ondes de la RSR (7h20) et sur le site web de la rubrique (Signature), illustre fort bien l’antisémitisme de notre époque, et ce de deux manières. Mais écoutons d’abord l’individu:
Bien sûr, il n’y a ici rien de commun avec les cris de haine nazis, que seuls des égarés peuvent encore pousser. L’homme prend même la peine de justifier certaines réactions israéliennes. Oui, il comprend si bien la situation, avec tant de calme souverain, qu’il peut même se permettre, quand bien même son propos consiste à mettre tous les torts sur «Israël», y compris d’avoir installé un apartheid (si Carter l’a dit, c’est cachère) et d’affamer les Palestiniens (on imagine les cadavres vivants d’une autre époque), de montrer un éclair de compréhension pour les frappes israéliennes ciblées contre les assassins terroristes palestiniens.Ainsi, si les Palestiniens sont dans une si grande mesure d’authentiques terroristes, qui se réjouissent dans les rues lorsque l’un d’entre eux tue, si une majorité d’entre eux ont voté pour des terroristes génocidaires affichés, si leurs autorités ont trafiqué des manuels scolaires pour en effacer la Shoah et en récrire l’histoire du repeuplement de leur région de manière à assimiler les sionistes aux nazis, s’ils mentent à leurs enfants systématiquement pour en faire des monstres de haine qui doivent rêver de se tuer à massacrer des Juifs et le faire pour plaire à leurs parents, si ces gens sont tombés si bas, pour la RSR, c’est à cause d’Israël, seule démocratie complète de la région, où des Arabes siègent au Parlement et où vivent aussi des dizaines de milliers d’Arabes palestiniens (dont plus de 150.000 avec la citoyenneté israélienne).
Pour supposer que des gens nourriraient une telle haine pour de telles raisons, il faut être raciste. Ou désaxé. Concrètement, il faut pouvoir croire que les Palestiniens sont en droit d’exiger par la violence, le mensonge et le terrorisme, une ségrégation tout à fait concrète (pas de Juifs sur sol «palestinien», loi islamique faisant des Juifs leurs inférieurs), avec l’appui, menaçant, de nations sunnites et chiites, et que les Israéliens ont tort de s’en protéger, ne serait-ce que par un mur. Il faut envisager la destruction d’Israël sans déplaisir pour cela. Ou il faut se croire soi-même capable de réagir de la même manière que les terroristes.
C’est l’un des aspects. L’aspect personnel, qui ne regarde guère, en fait, que l’auteur de ces déclarations et un peu leur diffuseur.
L’autre est l’incitation que cela constitue. Car il ne s’agit pas ici d’une simple conversation de café du commerce. L’individu s’exprime sur la principale station de radio de la région et explique bien toutes les raisons que nous avons de condamner Israël (et les États-Unis au passage) à se plier aux souhaits de terroristes. Le propos est lissé, mais les idées sont meurtrières, et les esprits antisémites, à qui elles ne vont pas manquer de plaire, s’en sentiront confirmés dans leurs convictions. Tandis que d’autres s’habitueront à entendre de tels propos sans réagir.
En effet, si personne ne les dénonce pour ce qu’ils sont et avec une force égale à celle de la déclaration originale, et c’est pratiquement toujours le cas avec une telle diffusion médiatique, il devient acceptable de reprendre de tels propos, d’en faire un discours anodin, normal: oui, Israël affame les Palestiniens, leur impose un apartheid, les boycotte, les prive de leurs droits fondamentaux. Pour rien. Il doit être commun de dire des choses pareilles si un professionnel les dit à la radio.
Et on normalise ainsi, du moins en partie, une haine raciste et génocidaire. On prépare les esprits à trouver justifiée à peu près n’importe quelle agression contre Israël. Et, par extension, contre les Juifs. On habitue la population à considérer comme un dénouement certes regrettable, mais au fond acceptable, sinon souhaitable, qu’Israël cesse d’exister.
Et on prépare aussi les gens (quoique peut-être par simple inconscience dans le cas présent) à tolérer les malédictions quotidiennes contre les Juifs inhérentes à la pratique millénaire de la religion islamique.