Archive for the ‘Réinformation’ Category

Enderlin / Karsenty — l’actualité mise en scène?

Sunday, June 8th, 2008

Voici le quatrième volet d’une série (1-2-3) consacrée à expliciter le jugement, rendu le mois passé par la 11e Chambre de la Cour d’appel de Paris, qui déboutait Charles Enderlin et France 2 de leurs demandes à l’endroit de Philippe Karsenty. Philippe Karsenty était attaqué en diffamation par les premiers pour avoir critiqué le reportage de France 2 selon lequel l’armée israélienne aurait tué un enfant palestinien au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, en septembre 2000.

Ce jugement (ici sous forme de document pdf) est exemplaire, car il constitue le premier examen sérieux, par une instance à la fois indépendante et supérieure, de cette accusation d’infanticide massivement diffusée à l’époque par les médias et sans cesse reprise, depuis lors, par les mouvements islamistes et antisionistes.

Ce quatrième billet se concentre sur l’affirmation récurrente, de plusieurs personnes ayant visionné les rushs, selon laquelle les images filmées contiennent manifestement de nombreuses mises en scène. Voici les considérants du tribunal qui évoquent cet aspect (pages 10/11 du jugement):

Que la thèse dite de la MENA, sujet de l’ouvrage de Gérard HUBER sorti en janvier 2003 sous le titre Contre-expertise d’une mise en scène (pièce n°3), qui infère, du fait qu’on voit de jeunes Palestiniens mettant à profit la présence de caméras pour jouer des scènes de guerre et de blessures, le caractère fictif de la mort du jeune Mohamed AL-DURA, (…);

Qu’il résulte, en effet, du témoignage de Luc ROSENZWEIG, ancien rédacteur en chef du MONDE, qu’après avoir rencontré, en mai 2004, des confrères lui ayant fait part de leurs doutes sur le reportage de Charles ENDERLIN et s’en être ouvert, par la suite, à Denis JEAMBAR et à Daniel LECONTE, il a visionné avec ceux-ci, le 22 octobre 2004, les rushes de FRANCE 2 et a été surpris de ce que, sur les 27 minutes des rushes de TalaI ABU RAHMA, plus de 23 minutes de scènes filmées n’avaient rien à voir avec les images diffusées par la chaîne, dont celles de la mort du petit Mohamed, et consistaient dans la présentation de fausses scènes de guerre par de jeunes Palestiniens; que le témoin a conclu son propos à l’audience de première instance en déclarant avoir la conviction que «la version de la mise en scène [de la mort de l'enfant] a une probabilité plus grande que la version présentée par FRANCE 2», tout en reconnaissant qu’en tant que journaliste, «les critères ne [lui] permettent pas d’aller plus loin»;

Que ce témoignage est conforté par les opinions, non contraires pour l’essentiel, de Daniel LECOMTE et de Denis JEAMBAR, issues d’un point de vue donné au Figaro du 25 janvier 2005 (pièce n° 16) et d’une interview diffusée le 1″ février 2005 sur l’antenne de RCJ (pièce n° 4) (…);

Qu’ils relèvent également que, «dans les minutes qui précèdent la fusillade, les Palestiniens semblent avoir organisé une mise en scène, [...] «jouent» à la guerre avec les Israéliens et simulent, dans la plupart des cas, des blessures imaginaires» (…)

Considérant que Richard LANDES, journaliste, professeur à l’université de Boston, entendu en qualité de témoin par les premiers juges, a déclaré que, selon lui, après avoir étudié les rushes de Reuters et le reportage de Charles ENDERLIN, avec lequel il s’est entretenu, la probabilité que la mort de l’enfant présentée par celui-ci serait une mise en scène était «supérieure à 95%»;

Plusieurs témoignages concordants indiquent donc que les scènes de bataille tournées au carrefour de Netzarim ce jour-là seraient en grande partie des mises en scène manifestes et non des combats authentiques. Voici deux films traitant de cet aspect sur la base de séquences filmées par différents caméramans présents sur les lieux:

Le tribunal de première instance n’avait pas jugé les éléments d’enquête illustrés par ces deux vidéos «suffisamment déterminants», à eux seuls, mais la Cour d’appel, après avoir exigé le visionnement des rushs de France 2, la seule chaîne à avoir pris des images de la scène des Al Dura, déclare ce qui suit:

Considérant que, si aucun des arguments du prévenu – ni les conclusions de l’enquête menée à l’initiative personnelle du Général SAMYA (contre-offre de preuve n° 12), ni «l’imprudente affirmation» de Charles ENDERLIN déjà relevée n’a paru aux premiers juges, à lui seul suffisamment déterminant en regard du reportage contesté, il apparaît que l’examen, en cause d’appel, des 18 minutes de rushes de Talai ABU RAMAH communiquées par FRANCE 2 ne permet pas d’écarter les avis des professionnels entendus au cours de la procédure ou ayant versé leurs contributions aux débats (…);

Cette formulation un peu sibylline indique essentiellement que la présentation de France 2 n’a pas permis de se forger une opinion. Ceci bien que France 2 n’ait pas fourni à la Cour les 27 minutes de rushes exigés, mais une sélection de ceux-ci et une nouvelle présentation réalisée tout exprès. De plus, la Cour relève (page 11 du jugement):

Considérant qu’en répondant à Denis JEAMBAR et à Daniel LECOMTE, dans le Figaro du 27 janvier 2005, que «l’image correspondait à la réalité de la situation non seulement à Gaza, mais aussi en Cisjordanie», alors que la définition d’un reportage s’entend comme le témoignage de ce que le journaliste a vu et entendu, Charles ENDERLIN a reconnu que le film qui a fait le tour du monde en entraînant des violences sans précédent dans toute la région ne correspondait peut-être pas au commentaire qu’il avait donné, ce qui est également l’avis donné par Daniel DAYAN, directeur de recherches au CNRS et spécialiste des médias, dans son attestation (pièce n° 5);

À ce stade, on peut considérer comme établi que les images tournées ce jour-là à Netzarim (et sans doute à de nombreuses autres occasions) sont au moins en partie des mises en scène et que les protagonistes (journalistes, caméramans, acteurs) le savaient pertinemment. On peut admettre aussi qu’il n’existe pas d’images de l’agonie de Mohamed Al Dura, ni de son transport à l’hôpital. Les images de Jamal et Mohamed Al Dura filmées par France 2 sont-elles tout de même authentiques? Quels éléments de preuve sont disponibles? La Cour a aussi abordé ces éléments. À suivre.

Autres billets de la série:
1 Enderlin / Karsenty — le droit de critiquer la presse, à quelles conditions 
2 Enderlin / Karsenty — une déontologie en question
3 Enderlin / Karsenty — le mystère de l’agonie disparue

Enderlin / Karsenty — le mystère de l’agonie disparue

Sunday, June 8th, 2008

Voici le troisième volet d’une série (1-2-4) consacrée à expliciter le jugement, rendu le mois passé par la 11e Chambre de la Cour d’appel de Paris, qui déboutait Charles Enderlin et France 2 de leurs demandes à l’endroit de Philippe Karsenty. Philippe Karsenty était attaqué en diffamation par les premiers pour avoir critiqué le reportage de France 2 selon lequel l’armée israélienne aurait tué, délibérément, un enfant palestinien au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, en septembre 2000.

Ce jugement (ici sous forme de document pdf) est exemplaire, car c’était la première fois qu’un tribunal examinait le fond de l’affaire. Il s’agit en fait du tout premier examen sérieux, par une instance à la fois indépendante et supérieure, de cette accusation d’infanticide massivement diffusée à l’époque par les médias et sans cesse reprise, depuis lors, par les mouvements islamistes et antisionistes.

Ce troisème billet est consacré à une accusation de mensonge qualifié contre Charles Enderlin, largement publiée et que Charles Enderlin, pourtant, n’a pas attaquée en justice. Elle concerne les images de l’agonie de l’enfant, que Charles Enderlin a déclaré avoir coupées au montage pour ménager le public. Voici ce qu’en disent les considérants concernés du tribunal (page 10 du jugement):

Que la thèse dite de la MENA, (…), reprise par Philippe KARSENTY, s’est appuyée sur les réticences persistantes de FRANCE 2 à laisser visionner les rushes de son cameraman, sur l’imprudente affirmation, par Charles ENDERLIN, qu’il aurait coupé au montage les images de l’agonie de l’enfant et sur les déclarations faites par plusieurs journalistes ayant visionné les rushes;

Qu’il résulte, en effet, du témoignage de Luc ROSENZWEIG, ancien rédacteur en chef du MONDE, qu’après avoir rencontré, en mai 2004, des confrères lui ayant fait part de leurs doutes sur le reportage de Charles ENDERLIN et s’en être ouvert, par la suite, à Denis JEAMBAR et à Daniel LECONTE, il a visionné avec ceux-ci, le 22 octobre 2004, les rushes de FRANCE 2 (…)

Que les deux journalistes [...] déclarent sans ambiguité avoir confié à Arlette CHABOT leurs «doutes sérieux», mais être «prêts à écarter les accusations de ROSENSWEIG sur la mise en scène de la mort de l’enfant si le visionnage de l’ensemble des rushes tournés par Talal ABOU RAMA confirme ce que Charles ANDERLIN a déclaré à deux reprises au moins, dont à Télérama: «J’ai coupé l’agonie de l’enfant. C’était insupportable… Cela n’aurait rien apporté de plus», puis, au vu des rushes, que «cette fameuse agonie qu’Enderlin affirme avoir coupée au montage n’existe pas»;

Qu’ils relèvent également (…) que le visionnage intégral des rushes démontre aussi qu’au moment où Charles ENDERLIN donne le gamin pour mort [...] rien ne lui permet d’affirmer qu’il est vraiment mort et encore moins qu’il a été tué par des soldats israéliens (…)

À ce jour, bien que la Cour ait exigé de visionner la totalité des images dont France 2 dispose, la scène de l’agonie de l’enfant n’est pas apparue. Voici les toutes dernières images existantes de l’enfant, les quelques secondes censées, selon le commentaire de Charles Enderlin, avoir été tournées après sa mort:

On peut donc admettre que Charles Enderlin n’avait vraiment que la parole de son caméraman palestinien pour, ce jour-là, accuser les soldats israéliens, sur l’une des principales chaînes de télévision européennes, d’avoir commis un infanticide. Et il semble très probable qu’il a tenté de mentir, ensuite, pour soutenir sa version des événements. Dans le prochain billet, nous allons examiner les éléments du jugement permettant de déterminer si ce caméraman pouvait sembler digne d’une telle confiance.

Autres billets de la série:
1 Enderlin / Karsenty — le droit de critiquer la presse, à quelles conditions 
2 Enderlin / Karsenty — une déontologie en question
4 Enderlin / Karsenty — l’actualité mise en scène?

Enderlin / Karsenty — une déontologie en question

Sunday, June 8th, 2008

Ceci est le deuxième billet d’une série (1-3-4) consacrée à expliciter le jugement, rendu le mois passé par la 11e Chambre de la Cour d’appel de Paris, qui déboutait Charles Enderlin et France 2 de leurs demandes à l’endroit de Philippe Karsenty. Philippe Karsenty était attaqué en diffamation par les premiers pour avoir critiqué le reportage de France 2 selon lequel l’armée israélienne aurait tué un enfant palestinien au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, en septembre 2000.

Ce jugement est exemplaire, car c’était la première fois qu’un tribunal examinait le fond de l’affaire et exigeait par exemple de France 2 qu’elle produise enfin les séquences qui, selon Enderlin, prouvaient que l’enfant avait bien été tué. Ce jugement (ici sous forme de document pdf) est en fait le tout premier examen sérieux de cette affaire par une instance à la fois indépendante et supérieure.

Ce deuxième billet traite de l’organisation interne des professionnels qui ont réalisé le reportage. Voici le considérant du tribunal (page 9 du jugement):

Considérant qu’il est constant que Charles ENDERLIN n’a pas été témoin des faits qu’il a commentés en voix «off», selon un procédé nullement contraire à la déontologie des journalistes, dès lors qu’il est compris des téléspectateurs; qu’en l’occurrence, FRANCE 2 a indiqué, le 1er octobre 2000, que la mort de l’enfant avait «été filmée par TalaI ABU RAMAH, [son] correspondant à Gaza» et, le 2 octobre, que le cameraman «filmait l’inacceptable», ce qui ne permettait pas nécessairement d’en déduire que le commentateur n’était pas sur les lieux; que ce fait a conduit Philippe KARSENTY, sans qu’il puisse alors en induire que l’événement commenté était faux, à s’interroger sur la concordance entre les images choisies par le cameraman palestinien («c’est moi qui décide ce qui est important», l’entend-on dire dans une des interviews), et le commentaire de ces images par Charles ENDERLIN; 

Le tribunal établit ici, notamment, que Charles Enderlin, un journaliste de premier plan, jouissant d’une grande réputation, et donc d’une position d’autorité, n’avait pas assisté aux faits qu’il décrivait et que personne, sur la base de ce qui avait été diffusé par France 2, ne pouvait le savoir.

À entendre simplement le reportage, les téléspectateurs devaient ou pour le moins pouvaient supposer que le correspondant de France 2 avait assisté à ce qu’il décrivait. Pour mémoire, voici ce qu’il avait dit (séquence vidéo complète et extrait crucial du texte):

Ici, Jamal et son fils Mohamed sont la cible de tirs venus de la position israélienne [images de la position israélienne]. Mohamed a 12 ans, son père tente de le protéger. Il fait des signes. Mais, une nouvelle rafale, Mohamed est mort, et son père gravement blessé.

D’où il ressort que France 2 a déclaré que des soldats israéliens avaient commis un infanticide (pris pour cible et tué un enfant) sur la seule base du témoignage d’un caméraman palestinien. Et ceci sans rien mettre au conditionnel, ni signaler que Charles Enderlin, le correspondant sur place, qui donnait ce commentaire, n’avait pas assisté aux scènes qu’il décrivait pourtant en termes tout à fait affirmatifs.

Est-il usuel, pour les médias qui travaillent dans les Territoires palestiniens, de présenter en leur nom des séquences d’information fournies en intégralité par de simples caméramans de la région, travaillant de manière totalement autonome? Est-ce acceptable? Existe-t-il seulement des relations de confiance quelconques permettant de justifier une telle accusation d’infanticide? Dans quelle mesure l’authenticité de ces informations est-elle contrôlée et contrôlable? Par exemple, le reste du matériel filmé par ce caméraman permet-il de confirmer la thèse de l’infanticide? Et qu’en est-il des séquences tournées ce jour-là par les caméramans des autres agences de presse? France 2 et Enderlin avaient-ils d’autres bonnes raisons de soutenir ainsi ce récit, sans la moindre réserve?

Philippe Karsenty a réuni les travaux de plusieurs personnes et groupes qui ont tenté de faire la lumière sur cette affaire, et a émis les accusations [1] qui lui ont valu l’attaque en justice de France2. Dans les prochains billets, nous allons examiner les éléments sur la base desquels la Cour d’appel de Paris a estimé que Karsenty était de bonne foi et ne pouvait pas être condamné pour avoir qualifié ce reportage de France 2 de «fausse mort», «faux reportage», «mascarade», «supercherie», «pure fiction», «imposture», «faux» et «imposture médiatique».

Autres billets de la série:
1 Enderlin / Karsenty — le droit de critiquer la presse, à quelles conditions
3 Enderlin / Karsenty — le mystère de l’agonie disparue
4 Enderlin / Karsenty — l’actualité mise en scène?

Enderlin / Karsenty — le droit de critiquer la presse, à quelles conditions

Sunday, June 8th, 2008

Le mois passé, la 11e Chambre de la Cour d’appel de Paris a débouté Charles Enderlin et France 2 de leurs demandes à l’endroit de Philippe Karsenty, qui avait critiqué les premiers pour les aspects inacceptables du «reportage» selon lequel l’armée israélienne aurait tué un enfant palestinien au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, en septembre 2000. Karsenty avançait en substance que ce reportage était une supercherie et Enderlin l’attaquait en diffamation. 

Or c’était la première fois qu’un tribunal examinait le fond de l’affaire et exigeait par exemple de France 2 qu’elle produise enfin les séquences qui, selon Enderlin, prouvaient que l’enfant avait bien été tué. Ce jugement (ici sous forme de document pdf) est en fait le tout premier examen sérieux de cette affaire par une instance à la fois indépendante et supérieure.

Pour tenter de donner à ce jugement l’écho qu’il mérite, je vais en présenter les principaux considérants, thème après thème, chacun dans un billet aussi bref que possible. Ceci est le premier de cette série de billets; il est consacré au droit de critiquer. Il nous renseigne sur ce que le tribunal a jugé acceptable en fait de critique et pourquoi.

Voici donc les déclarations de Karsenty attaquées par Enderlin (pages 6-7 du jugement) et que la Cour d’appel de Paris n’a pas jugé judicieux de condamner en l’espèce:

Les critères de Précision, d’Indépendance, de Transparence et de Responsabilité de la méthode PHILTRE ont été violés à de nombreuses reprises par FRANCE 2 par la diffusion de la fausse mort de Mohamed AL DURA le 30 septembre 2000

Au moins deux membres du gouvernement de M. Jean-Pierre RAFFARIN et de nombreux journalistes savent que FRANCE 2 a présenté un faux reportage le 30 septembre 2000. Il serait bien qu’ils se manifestent afin de faire cesser cette mascarade [...]

Nous espérons que le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel exigera la démission immédiate de ceux qui se sont livrés à celle supercherie

Au regard des éléments dont nous disposons, nous affirmons que le correspondant de FRANCE 2 à Jérusalem, Charles ENDERLIN, a effectivement diffusé un faux reportage ce 30 septembre 2000

Voici les incohérences du document de FRANCE 2:
Dès le début du reportage, on s’aperçoit que l’on assiste à une série de scènes jouées [...]. Ce premier épisode est une pure fiction [...]

Charles ENDERLIN en l’occurrence, se trompe et, du même coup, nous trompe. Pourquoi? Cherche-t-il à couvrir son imposture?

Nous vous invitons à découvrir les incohérences du document de FRANCE 2 sur Media-Ratings, ainsi que les réactions de certains médias à celle imposture.

Arlette Chabot a menacé de porter plainte contre toute personne qui accuserait FRANCE 2 d’avoir diffusé un faux ce 30 septembre 2000 [...]

Nous espérons que le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel exigera la démission immédiate de ceux qui se sont livrés à celle supercherie [...]

Espérons que les médias/rançais informeront rapidement leurs lecteurs, auditeurs et téléspectateurs de l’imposture médiatique à laquelle s ‘est livrée FRANCE2 depuis plus de quatre ans [...]

Et voici le considérant central fondant la décision de la Cour à cet égard (page 9 du jugement):

Qu’alors que Philippe KARSENTY aborde des sujets d’intérêt général, telles les méthodes de travail des médias et, précisément, de la chaîne publique, la force des images et la pertinence des commentaires sur le vif, partant le droit du public à une information sérieuse, ce qui donne toute sa légitimité à la publication de ses recherches, Charles ENDERLIN peut d’autant moins se soustraire à la critique qu’elle le vise en tant que professionnel de l’information, correspondant en Israël et dans les territoires palestiniens pour les journaux télévisés de FRANCE 2 diffus és aux heures de grande audience, et qu’à ce titre, il s’expose inévitablement et consciemment à un contrôle des plus attentifs de ses faits et gestes de la part de ses concitoyens comme de ses confrères;

Le tribunal a donc estimé qu’un journaliste doit savoir qu’il s’expose à «un contrôle des plus attentifs de ses faits et gestes» et qu’il ne peut pas se soustraire à la critique (par exemple celle citée ci-dessus) s’il est attaqué en tant que professionnel de l’information, et à plus forte raison si les sujets abordés sont d’intérêt général. Le public a droit à une information sérieuse et des recherches critiques sont dès lors légitimes.

Ceci tout au moins dans la mesure où les critiques sont fondées et émises de bonne foi (lire à ce propos les considérants du milieu de la page 8 au haut de la page 9 du jugement). Dans les prochains billets, je vais tenter de montrer comment Karsenty a pu convaincre la Cour de sa bonne foi et du bien-fondé de ses arguments.

Suite de la série:
2 Enderlin / Karsenty — une déontologie en question 
3 Enderlin / Karsenty — le mystère de l’agonie disparue
4 Enderlin / Karsenty — l’actualité mise en scène?

De l’indigence des grands médias occidentaux

Sunday, June 8th, 2008

Des gens font semblant d’être blessés, d’autres font semblant de s’occuper des premiers, des ambulanciers font semblant de les emmener, des tireurs simulent des échanges de coups de feu. Et des journalistes, du moins déclarés tels par les grandes agences du monde entier, font semblant d’y voir matière à illustrer l’actualité. Puis, des éditeurs et des diffuseurs font semblant d’informer leur public. Parfois avec la complicité du parlement entier, y compris les députés. Bienvenue à Pallywood, en Palestine.

Visiter: www.theaugeanstables.com | www.seconddraft.org/movies.php

Les médias fomenteurs de haine

Wednesday, June 13th, 2007

Cliquez sur l’image pour visionner Icon of Hatred.

Pour la petite histoire, lorsque le groupe de plaignants de la première plainte contre la TSR (rejetée entre-temps) a rencontré les responsables de Temps Présent (l’émission attaquée), Daniel Monnat, le rédacteur en chef des magazines d’information de la TSR, après avoir refusé catégoriquement de diffuser Obsession — la guerre de l’Islam radical contre l’Occident en guise de réinformation, nous a demandé, par curiosité, si nous accepterions la diffusion du dernier film de Charles Enderlin à la place. Nous avons répondu que non et il a trouvé ça drôle.

La presse peut faire une différence. Si elle veut

Wednesday, May 9th, 2007

Le ministre palestinien de l’information vient d’annoncer la suspension du programme hebdomadaire suivant de la chaîne télévisée du Hamas, Al Aqsa TV:

Dans cette série, un Mickey dit aux enfants palestiniens qu’ils doivent bien prier cinq fois par jour en direction de La Mecque jusqu’à l’instauration de la suprématie islamique sur le monde entier, laquelle doit prendre sa source en «Palestine». On y chante des chansons guerrières, pleines de force, de flamme, d’AK 47, de termes d’agression, de promesses de victoire. Les enfants sont poussés à résister contre l’«occupation sioniste» d’une manière bien précise. Les terroristes fait prisonniers par Israël (par exemple les islamikazes ratés) doivent être libérés, c’est une responsabilité dont les Palestiniens devront répondre lors du Jugement dernier.

Rappelons qu’il s’agit de la chaîne du mouvement soi-disant politique que certaine membre de notre gouvernement semble juger digne d’être reçu en Suisse.

Le retrait de ce programme ignoble doit sans doute beaucoup au fait qu’il a été largement stigmatisé ces jours derniers, grâce au rapport de Palestinian Media Watch, jusque par les principaux médias occidentaux. Avec toutefois certaines nuances: si Google recense plus de 300 articles dans les médias américains, il n’en trouve aucun dans les médias suisses. Les blogs sauvent l’honneur.

Rectification: Les médias français et suisses romands ne disent pas un mot de cette affaire. Mais les Suisses alémaniques ont une petite chance d’en entendre parler, du moins s’ils ne se contentent pas de «leurs» médias subventionnés.

UPDATE: Voilà ce que FOX News a diffusé à ce sujet:

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UPDATE: Le film du Mickey palestinien a été supprimé sur Youtube.

UPDATE: Le président du conseil de la chaîne a refusé de suspendre le programme, qui a été poursuivi aujourd’hui vendredi. On commence à en parler en français. Mais le plus souvent, comme sur romandie.com plutôt pour stigmatiser les attaques contre l’émission, dont les manquements sont mis entre guillemets. Et pas de lien vers le film, bien sûr.

UPDATE: La chaîne Al-Aqsa se déclare victime d’une vicieuse campagne (de la part de l’ennemi sioniste et de l’impérialisme américain) dirigée contre le peuple palestinien et contre l’Islam, alors qu’elle ne chercherait qu’à promouvoir un noble message auprès d’une jeunesse croyante, à lui transmettre de nobles valeurs et à lui inspirer le sens de la bonté et de la justice. Le schéma islamiste habituel: semer la haine et le suprématisme et, en cas de réaction indignée, se dire victime au nom de la religion:

À PROPOS: Ce petit film de semi-fiction glorifiant une terroriste palestinienne à travers sa fille de quatre ans, qu’elle a laissée derrière elle pour aller tuer des Juifs, reste également au programme de la chaîne du Hamas et jouit de la même immunité médiatique:

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À PROPOS: Une autre émission mémorable de la chaîne du Hamas:

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UPDATE: Le directeur adjoint de la chaîne explique longuement que le suprématisme musulman qu’il enseigne aux enfants, notamment par le biais du Mickey contesté ici, est la meilleure chose du monde. Les Juifs et les Chrétiens auraient d’ailleurs toujours vécu heureux sous la domination islamique (en dhimmitude). Le prophète aurait même ordonné à son armée de ne pas tuer un prêtre sur son lieu de prière (tant de mansuétude doit convaincre tout esprit sainement normal, semble-t-il). et que le calife Omar aurait même respecté cette injonction en arrivant à la mosquée Al-Aqsa (en fait, ce calife a conquis Jérusalem en 638 et la mosquée Al-Aqsa n’y a été construite qu’en 715, par les Umayyades). Ainsi, en prônant la mission de la restauration du règne de l’Islam, la chaîne du Hamas lance en fait des appels à la justice, à la bonté, à l’amour universel.

Cliquer sur le dessin pour obtenir un bon condensé du traitement de l’affaire aux États-Unis:

UPDATE: Libération signale l’affaire en diffusant la vidéo sur son site.

UPDATE: France 2 diffuse également des extraits de l’émission (journal de 20h du 14 mai) et propose même des interviews réalisées dans les territoires palestiniens. Selon l’approche du commentateur, Charles Enderlin, l’homme à l’origine de la supercherie d’Al-Dura, l’affaire constitue surtout une excellente publicité pour les extrémistes, car la chaîne télévisée du Hamas serait en fait très peu à quasiment pas suivie dans les territoires (l’homme articule 1%). Rappelons tout de même que le mouvement terroriste Hamas a obtenu 74 des 132 sièges du parlement palestinien au début 2006 (contre 45 au Fatah, son principal concurrent), ce qui fait de lui le parti le plus populaire des territoires palestiniens. Pourtant, avant les élections, les sondages le donnaient perdant à plus de deux contre un. Enderlin doit se renseigner aux mêmes sources. Voici son reportage:

UPDATE: Au matin du 16 mai, Google News trouve 35 articles sur le sujet. Le Monde aussi s’est fendu d’un résumé des faits.

UPDATE: Le sujet est maintenant (20 mai 2007) pratiquement oublié, surtout à la suite des combats inter-palestiniens et des raids de Tsahal visant à limiter le nombre de roquettes qui s’abattent sur des cibles israéliennes civiles. Mais le programme télévisé en question se poursuit et, comme les enfants ne peuvent pas sortir à cause des combats, il est sans doute plus suivi que jamais.

UPDATE: La société Disney s’indigne piteusement, et a posteriori, de l’utilisation de son personnage phare par le Hamas, mais n’envisage pas d’action concrète. Mickey est-il mort?

UPDATE: Le Mickey palestinien est mort, lui.

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UPDATE: France 2, par la voix de Charles Enderlin, signale l’événement, en soulignant que l’effort de propagande se poursuit, «sans Mickey»:

Note: Enderlin est accompagné ici du même caméraman qu’à l’époque de l’affaire Al Dura.

Ce que chacun/e DOIT savoir sur l’Islam

Tuesday, May 1st, 2007


Où les Musulmans terroristes, les Musulmans suprématistes, les Musulmans assassins, les Musulmans menteurs puisent-ils les convictions qui les portent à tuer des gens que nous considérons comme des innocents? Dans les textes les plus sacrés, les interprétations les plus sérieuses et honnêtes, l’exemple même du Musulman parfait, Mahomet.

Cela devient de plus en plus urgent à comprendre. Et ce serait justement la tâche d’un média de service public que de répandre aussi ce type d’informations.

Obsession — le meilleur long-métrage sur l’Islam radical

Monday, April 30th, 2007


La diffusion de ce film (voir le site officiel) sur les chaînes de télévision nationales permettrait de confier au grand public certaines informations sans lesquelles la compréhension du problème posé par l’Islam en Occident est à peu près inaccessible. Ce film est présenté ici car il a été proposé à la TSR dans le cadre d’une procédure de conciliation. Les responsables de la TSR ont jugé qu’une telle diffusion était hors de question.

Caméra cachée dans les mosquées londoniennes

Monday, April 30th, 2007

Voilà du travail de journalistes authentiques, pour changer.

Pour comprendre ce que veut l’Islam, il faut écouter les Musulmans qui parlent en son nom à d’autres Musulmans. C’est valable aussi bien pour les mosquées, comme dans le reportage ci-dessus, que pour les lois islamiques en général: si nous voulons savoir ce que l’Islam signifie vraiment, nous devons examiner les consensus exprimés par ses meilleurs connaisseurs s’adressant à d’autres connaisseurs. Un tel projet revêtirait à peu près cette forme.

Mais il est exclu de prêter foi à des Musulmans conscients de s’exprimer devant des non-Musulmans. Car si l’interprétation des islamistes est correcte, qu’elle correspond bien à la seule interprétation qui ait jamais fait autorité et réuni des consensus de savants, alors les Musulmans ont l’obligation de nous parler en termes agréables de leur religion. À côté de cette obligation, dont le non-respect équivaut à un crime capital, nous mentir ne leur coûte rien.

Voir aussi (9.8.2007): L’art musulman de pervertir le débat